Pandémie et effondrement: ce que l’Île de Pâques nous dévoile.


Alors que la crise sanitaire et l’effondrement de notre économie sévissent encore travers le monde entier, je me souviens encore du temps où nous pouvions voyager l’esprit léger.


Je me souviens surtout de mon récent voyage sur l’île de Pâques, l’une des communautés les plus isolées de la planète. Et un isolement extrême n’arrête pas la propagation: L’île de Pâques a aussi été touchée par le COVID-19.

Et il y a cent ans, cette société était presque anéantie par cet effondrement successif (écocide, surpopulation, épidémie…) Mais est revenue plus forte que jamais!

Notre médecine moderne et notre système se sont trouvés désemparés face à la situation: Le monde a été mis à l’arrêt.

Alors comment pouvons-nous nous prémunir des chocs à l’avenir? Comment éviter un potentiel effondrement?

J’ai trouvé quelques réponses là-bas sur cette mystérieuse île confetti au milieu du pacifique…

Bienvenue au milieu de nulle part

L’éloignement ne protégeait pas les gens, comme je l’ai découvert lors de ma visite à l’île de Pâques, appelée Rapa Nui, en novembre dernier.

C’est l’une des îles les plus isolées au monde, un «territoire spécial» du Chili, situé à plus de 3 500 kilomètres de la côte ouest de l’Amérique du Sud.

Et à un moment donné, il y a eu une grande société qui a construit d’énormes statues de pierre, les Moai, qui sont encore dispersées autour du littoral.

Puis après des raids d’esclaves dans les années 1800 ont emporté la moitié des habitants. Lorsque douze de ces esclaves libérés ont finalement pu rentrer chez eux, ils ont apporté avec eux de nouvelles maladies qui ont réduit la population à seulement 100 personnes.

Comment une société revient-elle d’un tel effondrement ?

Grandes statues et dépopulation. C’est tout ce que je savais vraiment sur Rapa Nui avant mon arrivée.

Pour vous décrire cette île: vent, collines rondes et vertes, et côtes escarpées, un petit côté irlandais ! L’île possède aussi une plage et deux volcans « presqu’enchanteurs »

Rana Kau, l’un des Volcans de l’île

Mais ça n’a pas été ma première impression.

Quand je suis arrivée directement sur le tarmac j’ai aperçu palmiers et fleurs d’hibiscus. Notre hôte venu nous accueillir a m’a mis autour de mon cou un collier de fleurs fraiches pendant qu’un homme jouait du ukulélé à côté du tapis bagages.

Je commençais à adorer cette île!

A la découverte de l’histoire de l’île

J’ai passé les prochains jours à vraiment en savoir plus sur l’histoire de Rapa Nui. Ses habitants d’origine étaient des Polynésiens, et la culture a certainement beaucoup plus en commun avec Tahiti qu’avec le Chili.

Les colons polynésiens sont arrivés vers 800 après JC et ont développé toute leur civilisation coupée du reste du monde.

Le peuple Rapa Nui cultivait la terre. Ils ont construit des potagers de village avec des murs en pierre pour protéger les plantations du vent. Et ont escaladé des volcans pour recueillir l’eau potable des cratères. Ils ont construit des canoës à partir d’arbres et pêché dans l’océan.

Les Rapa Nui étaient aussi très bien organisé en petites communautés et, chaque année, le chef de l’île parmi les chefs de ces communautés était désigné de manière loyale lors du fameux concours de l’homme oiseau.

Vers 1500 après JC, la population était d’environ 18 000 personnes, assez grande si l’on considère Rapa Nui à seulement 25 kilomètres d’un bout à l’autre.

Visite du village reconstitué et des fameuses maisons Rapa Nui

Rencontre avec les Moai !


Nous avons loué une voiture pour faire le tour de l’île. Nous nous sommes arrêtés partout où la carte présentait les sites des fameuses statues.

Et…il y en a plus de 800 sur l’île !

Ces Moai représentent en réalité d’anciens chefs. Les gens croyaient que le mana ou l’énergie vitale des statues les béniraient avec une nourriture abondante et leur apporterait la chance.

Les Moais étaient si importants que certaines estimations indiquent qu’à un moment donné, tous les jeunes hommes de l’île âgés de 10 à 20 ans étaient impliqués dans la sculpture des Moais, et, ce, toute l’année.

Coucher de soleil sur Moaïs

Mais c’est là que ça commence à devenir un peu plus complexe.

J’avais compris lors d’un reportage que le déclin de la population était une histoire similaire à celle des autres communautés autochtones d’Amérique du Sud, une triste histoire de colonisation, d’esclavage et de transmission de maladie.

Mais en fait, d’autres problèmes sous-jacents bouillonnaient sous la surface avant que des étrangers ne mettent le pied sur l’île.

Effondrement: Jared Diamond n’avait pas tout a fait tord… ni raison!

Dans son livre, Collapse (Effondrement) paru en 2005, Jared Diamond a théorisé l’effondrement sociale associée à une composante environnementale. Il cite notamment l’écocide qui a eu lieu sur l’île menant les habitants à leur propre perte.

D’une certaine manière, les insulaires ont trop réussi. Leur population a atteint une taille insoutenable. Les tribus ont commencé à se battre pour les ressources et les terres. Car il n’y avait tout simplement pas assez pour tout le monde.

Certains archéologues pensent que l’écocide était en partie responsable.

La déforestation pour l’agriculture et la fabrication de Moai a entraîné une érosion des sols. Ce qui aurait eu un impact sur l’agriculture.

D’autres pensent que les rats polynésiens amenés sur l’île par les premiers colons. Ces rats auraient grignoté les racines et les graines, tuant les arbres et, ainsi, il n’y avait plus assez de bois pour construire des canoës.

Une autre théorie veut que les gens étaient tellement déterminés à créer les Moai qu’ils n’avaient tout simplement pas assez de main-d’œuvre pour l’agriculture ou la pêche.

C’était probablement une combinaison de tous ces facteurs.

En tout cas, les gens ont cessé de cultiver en abondance et ont commencé à se quereller. L’instabilité politique, la division et la violence sont devenues la nouvelle norme.

En conséquence, la société de Rapa Nui était déjà fragile au moment de l’arrivée des Européens.

L’épidémie a été la dernière goutte vers leur effondrement.

La fabrique de Moaï supposée abandonnée, au pied du volcan sacré

Reconstruire et espérer pour l’avenir

Mais contre toute attente, le peuple Rapa Nui n’a pas disparu.
Aujourd’hui, la population de l’île est d’environ 8 000 habitants, dont environ la moitié revendiquent un héritage autochtone.

L’immigration chilienne a créé un melting pot, et une communauté et prospère vit maintenant concentrée dans la ville principale de Hanga Roa.

L’évènement de l’année c’est le festival annuel de Tepati, une célébration de deux semaines de Rapa Nui et de sa culture.

Il y a des danses, des spectacles musicaux et des événements sportifs.

J’ai passé pas mal de temps à penser à mon séjour à l’île de Pâques et l’histoire des Rapa Nui et le triste effondrement de leur civilisation: problèmes d’approvisionnement alimentaire, déforestation, colonialisation, esclavage, puis la lèpre et autres virus pour couronner le tout…

Cela semble beaucoup plus facile à comprendre à l’ère de COVID-19.

Comme je l’ai appris ici à l’île de Paques et lors de mes différentes lectures, les causes du changement sont systémiques et ne sont jamais simples.

Il est difficile de rejeter la faute sur un seul facteur et de vous débarrasser d’un problème: « Pour l’île de Pâques, c’était parce qu’ils avaient coupé tous les arbres. Donc Effondrement. Voilà, mystère résolu ».

Contrairement à ce qu’avance Jared Diamond dans son livre « Effondrement ». L’île de Pâques n’est pas un microcosme du monde et s’inquiéter de son histoire ne nous donnera pas plus de détails sur ce qui se passe en 2020.

Cependant, elle donne un aperçu de la façon dont une société s’est réparée après cet effondrement. Comment elle a construit sa résilience.

Les gens se sont concentrés sur la reconstruction de leur communauté. Et sur la recherche des valeurs communes qui les avaient rendus si forts et si réussis à l’origine.

Ils ont pris ce qu’ils ont aimé et ont rejeté ce qu’ils n’avaient pas. Fini la structure hiérarchique complexe où seuls les prêtres apprennent à lire.
Et Bonjour, l’héritage des terres au peuple, les traditions, chansons, tatouages et jeux communautaires!

L’importance de la résilience et de la durabilité.


Pour s’en sortir, ils n’ont pas hésité à analyser ce qui n’allait pas et à utiliser ces informations pour corriger les choses.

L’accent est mis sur la durabilité et la réduction de leur dépendance à l’égard du Chili continental. En 2014, l’île a déclaré un plan de 20 ans pour devenir autonome et sans déchets. Le plan met l’accent sur la préservation des ressources naturelles, la fourniture d’une éducation environnementale aux enfants et une campagne à l’échelle de l’île pour montrer aux gens comment réutiliser, recycler et créer leurs propres jardins potagers.

Là bas, il n’y a pas de franchises internationales de restauration rapide ou de complexes hôteliers. Car la plupart des restaurants appartiennent à des locaux. Ils limitent également soigneusement le tourisme et surveillent les chiffres de la population pour s’assurer qu’ils ne se retrouvent pas dans une autre situation non durable.

Il y a une prise de conscience de la façon dont ils ont failli tout perdre, et un accent sur la préservation de ce qu’ils ont pour l’avenir. Cela a sans aucun doute aidé lorsque le coronavirus est arrivé en mars dernier. Rapa Nui est entrée en confinement lorsque le premier cas positif sur l’île est apparu, une semaine avant le reste du Chili. Compte tenu de leur histoire, il n’est pas étonnant qu’ils soient prudents.

Ils se tournent également vers les anciennes traditions telles que le tapu, une tradition polynésienne d’autosoins, de durabilité et de respect. Les gestes barrières ont été respectées avec diligence, empêchant la propagation du virus dans la communauté.

Ils ont commencé à planter de la nourriture et à pêcher, au cas où les approvisionnements du continent seraient épuisés. Avec une économie basée sur le tourisme, il y a encore beaucoup d’incertitude sur l’avenir, mais ils se concentrent sur les actions qui aideront la communauté à survivre.

Voir plus beaucoup plus loin


Les archéologues se disputent toujours sur la cause du déclin initial de la population de Rapa Nui il y a des siècles.

La seule plage de l’île. Là où les colons ont débarqué, il y a plus de 500 ans.



Et aujourd’hui, les experts se disputent maintenant sur les causes du coronavirus. Ils en discuteront probablement pendant des années.

Mais nous n’avons pas besoin d’une réponse définitive pour avancer. C’est un ensemble de nombreux facteurs. Détruire notre environnement, abattre les forêts, les systèmes alimentaires non durables. Et sous ces causes tangibles se trouvent les raisons les plus insidieuses. Méfiance, politique brisée, mondialisation galopante.

Pour ceux d’entre nous qui ont la chance d’être au chaud, bien nourris et à l’aise pendant le confinement, ce fut une bonne occasion de se concentrer sur nous-mêmes en tant qu’individus.

Mais une fois que tout sera fini, qu’est-ce qui nous unira ? Quelles parties de notre « ancien monde » pouvons-nous accepter de quitter ? Comment organiserons-nous notre résilience ?

Si cet article fait sens pour vous, vous pouvez commencer aujourd’hui à rejoindre un nouveau courant de pensée. Celui que je développe dans mes recherches et formations: la Permaculture au sens large et pas que pour les jardins!

Atteindre performance, sens et bien-être dans notre monde, et construire sa résilience c’est possible pour toute activité et, c’est possible maintenant !

J’utilise la méthode de design en permaculture déjà éprouvée pour l’agroécologie, reconnue 10 fois plus productive que l’agriculture mécanisée par l’INRA en 2016, et, ce sans intrants chimiques, ni énergies fossiles.

Je m’appuie également sur le biomimétisme pour conceptualiser de nouvelles organisations plus performantes.

La Nature est un expert inégalable avec 3,8 milliards d’années de R&D !

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Je me présente, je suis Cécile Fondatrice de Good Living Concept. Je vous aide à trouver les meilleures stratégies dans votre activté pour vous créer un modèle plus résilient et abondant, grâce à des solutions inspirées de la Permaculture.

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